Pourquoi éviter ce qui me fait souffrir ne m’aide pas toujours à aller mieux ?

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Pourquoi éviter ce qui me fait souffrir ne m’aide pas toujours à aller mieux ?

Ce matin, j’ai pris un peu de temps pour moi et je suis allée écouter un enseignement de Thich Nhat Hanh.

À un moment donné, il prend une boîte d’allumettes, sort une allumette et la frotte. Et forcément, par ce frottement, la flamme apparaît.

Et là, j’ai pris conscience de quelque chose qui m’a profondément touchée.

Pour que cette lumière puisse apparaître, il a fallu un frottement.

Sans ce frottement, pas de lumière.

Et forcément, ça m’a ramenée à nos vies et à tout ce que nous mettons parfois en place pour justement éviter le frottement.

Nous sommes nombreux à essayer d’éviter ce qui fait mal, à vouloir le maintenir suffisamment loin de nous pour ne surtout pas avoir à le ressentir. Nous pouvons chercher à contrôler, à enterrer certaines souffrances ou à faire comme si elles n’étaient pas là, parce qu’au fond nous avons parfois cette peur que, si nous allons vraiment les rencontrer, elles pourraient nous anéantir.

Et loin de moi l’idée de juger cela, parce que j’ai été là-dedans et je le suis encore parfois.

D’ailleurs, si cette réflexion est venue me chercher aujourd’hui, ce n’est certainement pas par hasard. Elle est aussi née d’une de mes propres peurs, réveillée par des événements dans le monde extérieur.

Comme je le dis souvent, ce qui se passe à l’extérieur est aussi pour moi une façon de revenir à mon monde intérieur et de regarder en quoi cela vient résonner.

Et je peux voir à quel point mon mental croit encore parfois qu’il a le pouvoir de contrôler la Vie.

Alors je ne vais pas lui faire la guerre non plus. Il a son importance et je peux aussi prendre soin de cette partie de moi qui essaie probablement de me protéger.

Mais je peux observer ce qu’elle fait et me demander :

Est-ce que tout ce contrôle m’évite réellement de souffrir ?

Et si le frottement n’était pas le problème ?

Je ne suis pas en train de dire qu’il faudrait rechercher la souffrance ou provoquer des épreuves pour grandir. Ce n’est pas mon propos.

Je parle de ces moments où le frottement est déjà là.

Une peur qui revient, une émotion qui nous dérange, une relation qui nous confronte, une souffrance que nous essayons depuis longtemps de maintenir à distance ou même quelque chose dans notre corps qui cherche à attirer notre attention.

Et je me demande aujourd’hui si ce n’est pas parfois toute l’énergie que nous utilisons pour éviter ce frottement qui finit par nous faire souffrir davantage.

Parce qu’il faut contrôler, anticiper, s’adapter, éviter certaines situations, faire comme si tout allait bien ou rester énormément dans notre mental pour ne surtout pas aller ressentir ce qui se passe à l’intérieur.

Et à force de vouloir éviter ce qui nous fait peur, je crois que nous pouvons finir par nous éloigner de nous-mêmes.

Je ne dis pas que c’est une vérité. C’est ce que j’observe aujourd’hui, dans ma propre vie et aussi à travers les personnes que j’accompagne.

Et puis j’ai regardé l’allumette autrement

Ma réflexion aurait pu s’arrêter là.

Le frottement crée la lumière.

Mais cette allumette m’a accompagnée une bonne partie de la journée et une autre prise de conscience est venue.

En la regardant, je me suis rendu compte que ce n’est finalement pas le frottement qui transforme l’allumette.

C’est la lumière.

Le frottement est nécessaire pour qu’elle puisse apparaître, mais une fois que la flamme est là, c’est elle qui transforme. Le bois brûle, noircit, devient peu à peu cendre. L’allumette n’a rien à faire pour provoquer cette transformation.

Et forcément, ça m’a ramenée encore une fois à nous.

Peut-être que nos frottements, nos peurs, nos souffrances ou ces endroits que nous préférerions parfois ne pas aller regarder sont aussi ceux qui peuvent permettre à quelque chose de venir s’éclairer.

Et cette lumière, pour moi, c’est aussi la conscience que nous venons poser sur ce qui était jusque-là dans l’ombre.

Mais elle est encore bien plus que cela.

C’est aussi cette Lumière plus grande que nous. Dieu, l’invisible, cette présence que je ne peux pas forcément expliquer et que pourtant je peux ressentir profondément.

Et peut-être que c’est là que ma réflexion autour de cette allumette me touche autant aujourd’hui.

Nous cherchons tellement souvent à nous transformer, à changer, à guérir, à faire quelque chose de plus, alors que peut-être que parfois notre travail est d’abord d’accepter de regarder ce frottement et de laisser la lumière entrer là où nous avions pris l’habitude de maintenir les choses dans l’ombre.

Bien sûr, certains endroits sont plus difficiles à aller rencontrer seul et c’est aussi là que l’accompagnement peut avoir toute sa place.

Mais au final, peut-être que ce n’est pas nous qui avons à forcer la transformation.

Peut-être que lorsque nous acceptons de mettre de la lumière sur ce qui était jusque-là caché, quelque chose commence naturellement à se transformer.

C’est mon regard aujourd’hui, pas une vérité.

Mais je trouve assez génial qu’une simple allumette ait pu m’accompagner dans autant de prises de conscience en une seule journée.

Et je vais peut-être m’arrêter là pour aujourd’hui, parce qu’à ce rythme-là, demain matin j’écris un livre sur une boîte d’allumettes. 😂

Et si quelque chose, dans ce que tu viens de lire, vient frotter en toi…

Parfois, nous pouvons aller rencontrer seuls ce qui demande à être regardé. Et parfois, nous avons besoin d’être accompagnés pour y voir plus clair.

C’est aussi ce que je propose dans mes accompagnements individuels, en présentiel ou à distance.

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